Je coule mes yeux sur une place
Un jour si long qu'il pleut des mers
Tant d'horizons perdus au large
De grands voiliers trop solitaires
J'entends la pluie sur les persiennes
Creuser la foule d'ombres livides
Ce sont les miennes entre les tiennes
Sur les grands quais de mes yeux vides
De toi à moi, dis-moi, je crois
Que je suis seule à avoir froid
Le vent creusant à mon passage
Des traces fantômes sur le rivage
Et je tombe à la mer, sur le sel à mes joues
J'imagine un désert entre les ombres de nous
Un vent fort et brûlant repoussant les rumeurs
Les jours seuls et longs si les jours sont leurs
C'est un jour pareil, ou même
J'ai vu pousser le soleil
Sur une allée le long des quais
Ses bras jetés, qu'ils m'étreignent
C'est toi, c'est le soleil qui saigne
C'est moi, dis-moi, qu'il m'atteigne
Qui plonge au monde des merveilles
J'attends le large qu'il m'emmène
De toi à moi, dis-moi, je crois
Que je suis seule à avoir froid
Le vent qui creuse loin des plages
Des quais perchés sur leurs mirages
Je veux coucher des plaines
Aux rames des sirènes
Lancer des voiles et des eaux
Je veux, je veux prendre l'eau
Jeter des encres à l'abordage
D'un rêve et d'idéaux
Les vagues des je t'haine sur la plage
Des je t'aime aux ciseaux
Trancher les horizons vermeils
Aux quais suspendus
Entre deux oasis, entre ciel
Et les marées des océans vaincus
Perdus au large, aux marges des je t'aime
Entre deux terres je me souviens la mer
Mais c'est le sable, nos idéaux dans l'air
Que le vent pousse à mes j'enchaine
De toi à moi, dis moi, je crois
Que c'est un jour si seul, j'ai froid
Des oasis tombées à l'eau
Je veux, je veux prendre l'eau
04.12.2009
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